Le BMX en France : racing et freestyle, du bicross de 1979 au triplé olympique de Paris 2024
Le BMX est né en Californie à la fin des années 1960 et arrive en France sous le nom de bicross à la fin des années 1970. Il se pratique en course, le BMX racing, olympique depuis 2008, ou en figures, le BMX freestyle park, olympique depuis les Jeux de Tokyo. Aux Jeux de Paris 2024, trois Français ont occupé tout le podium du racing.
Le BMX, pour « bicycle moto cross », se pratique en course ou en figures. La course s’appelle BMX racing (la FFC écrit aussi BMX Race) ; les figures, BMX freestyle, dont la forme olympique est le park. Les deux sont au programme des Jeux, selon la Fédération française de cyclisme (FFC).
Ce sont des disciplines de compétition, encadrées en France par la FFC. Pour les situer parmi les autres façons de rouler, voyez notre vue d’ensemble des pratiques cyclistes, qui indique aussi quelle fédération encadre quoi.
Ce dossier retrace l’arrivée du BMX en France, ses résultats olympiques et mondiaux, l’état des pistes et des clubs, et la façon dont les écoles de vélo accueillent les enfants. Il ne traite ni du matériel ni de l’entraînement.
Deux disciplines : la course et les figures
En racing, huit pilotes s’élancent d’une rampe de départ et font un tour de piste bosselée ; les quatre premiers de chaque manche passent au tour suivant. Au niveau international, l’UCI décrit un circuit de 350 mètres et une rampe de huit mètres de haut.
En France, les pistes sont plus variées. Selon le guide de construction de la FFC, une piste mesure de 270 à 400 mètres, avec en général quatre lignes d’obstacles et trois virages. La butte de départ a trois hauteurs réglementaires : 3 mètres pour les courses départementales et régionales, 5 mètres pour le niveau national et 8 mètres pour la Coupe du monde et les Jeux. Les pilotes posent la roue avant contre une grille qui s’abaisse au signal sonore et lumineux.
Le freestyle park se juge. Chaque pilote enchaîne des passages chronométrés d’environ une minute dans un parc de modules, et les juges notent la difficulté, l’exécution, le style, l’originalité, la fluidité, la hauteur et l’amplitude (UCI). Le guide de la FFC range aussi dans le freestyle les sauts (dirt, flat, rampe) et le street, qui ne sont pas olympiques.
De la Californie au bicross français
Le BMX est né à la fin des années 1960 en Californie, à l’époque où le motocross devient populaire aux États-Unis. Une première instance est fondée aux États-Unis au début des années 1970, date retenue comme le début officiel du BMX racing ; le sport atteint l’Europe en 1978 (UCI).
La FFC situe ce développement américain « au début des années 1970 », « en complément des compétitions de motocross », et date de 1979 son importation en France, sous le nom de bicross (FFC). Les deux récits ne se contredisent pas, mais ne retiennent pas les mêmes dates : 1978 pour l’Europe chez l’UCI, 1979 pour la France chez la FFC.
L’implantation est rapide au début des années 1980. La fédération l’explique par la création de nombreux clubs, l’importation de matériel, des marques spécialisées, les premières compétitions et des magazines consacrés à la discipline (FFC).
Les institutions suivent. L’Association française de bicrossing naît en 1980. Le BMX est rattaché à la FFC en 1990, avec la création d’une commission nationale, puis intégré à l’Union cycliste internationale en 1993 (FFC). L’UCI précise que la Fédération internationale de BMX a été fondée en avril 1981, que les premiers championnats du monde ont eu lieu en 1982 et que l’intégration date de janvier 1993 (UCI).
La France organise tôt de grandes courses : le gala international de Bercy en 1984, les championnats du monde au circuit Paul-Ricard en 1990, à Vallet en 1999 et à Bercy en 2005, les championnats d’Europe à Orléans en 2012 et à Bordeaux en 2017 (FFC). Les Mondiaux reviennent en France à Nantes, du 26 au 31 juillet 2022, pour la première fois en dix-sept ans (UCI).
Des Jeux de Pékin au triplé de Paris 2024
Le BMX racing entre aux Jeux à Pékin, en 2008. La première championne olympique est française : Anne-Caroline Chausson, devant Laëtitia Le Corguillé, médaillée d’argent (FFC).
Le freestyle park fait ses débuts olympiques aux Jeux de Tokyo, courus en 2021. C’est la première discipline cycliste jugée de l’histoire des Jeux (UCI). À Tokyo, aucun Français n’est monté sur un podium de BMX, d’après la liste des médailles françaises du CNOSF.
À Paris, le 2 août 2024, Joris Daudet, Sylvain André et Romain Mahieu ont pris l’or, l’argent et le bronze du BMX racing masculin, au stade BMX de Saint-Quentin-en-Yvelines. Olympics.com y voit le premier podium entièrement français aux Jeux d’été depuis ceux de Paris en 1924, et la première médaille olympique d’un Français en BMX racing masculin (olympics.com).
En freestyle park, Anthony Jeanjean a pris le bronze le 31 juillet 2024, place de la Concorde, avec 93,76 points, derrière l’Argentin José Torres Gil et le Britannique Kieran Reilly (olympics.com). Le tableau du CNOSF confirme ces quatre médailles françaises en BMX ; aucune Française n’est montée sur le podium.
Une nation de champions du monde
Le palmarès mondial est plus ancien que les Jeux. La FFC cite Claude Vuillemot, champion du monde en 1987, Christophe Lévêque, titré en 1997, 1998, 1999 et 2001, Joris Daudet en 2011 et 2016 et Magalie Pottier en 2012 (FFC).
Aux championnats du monde de Copenhague, en août 2025, la France a gagné les trois titres masculins, juniors, espoirs et élite, une première pour une nation selon la FFC. Arthur Pilard a remporté le titre élite à 29 ans, succédant à Joris Daudet, champion en 2024 ; l’équipe de France a pris six médailles, toutes catégories confondues (FFC).
En freestyle park, Anthony Jeanjean est devenu champion du monde à Riyad, en Arabie saoudite, aux championnats du monde de cyclisme urbain de 2025, avec 94,44 points lors de son second passage (UCI).
Pistes, clubs et licenciés
Le guide de construction de la FFC recensait 245 pistes classées par la fédération, dont 61 % de niveau régional et 26 % de niveau national. Il évoquait plus de 20 000 licenciés de BMX, un effectif doublé entre 2003 et 2013, et des femmes représentant « un peu plus de 5 % » des licenciés (FFC). Ce guide n’est pas daté ; le fichier a été créé en février 2017. Ces chiffres valent pour cette période.
Les chiffres récents sont des variations, pas des effectifs. Au 30 septembre 2025, le BMX gagnait 11,66 %, soit 2 710 licenciés de plus en un an, une hausse que le bureau exécutif de la FFC attribue aux résultats des athlètes et à la volonté des clubs de licencier davantage leurs adhérents ; le freestyle perdait 45 licenciés (FFC). En juin 2025, le même bureau notait que « de nombreux clubs ont ouvert des listes d’attente » en BMX Race (FFC).
Le nombre total de licenciés de BMX en 2025, le nombre de clubs et le nombre de pistes en service sont inconnus : la FFC ne les publie pas dans ces documents. Pour le freestyle, le président de la fédération reconnaît que « le fédéralisme peine à s’imposer dans cet univers » (FFC).
Les écoles de vélo et les plus jeunes
Le BMX est d’abord un sport d’enfants. Selon le guide de la FFC, les moins de 16 ans forment « la grande majorité des licenciés », la pyramide des âges culmine entre 9 et 12 ans, et la pratique commence dès 4 ans grâce aux draisiennes (FFC).
Les clubs qui accueillent les jeunes peuvent obtenir le label École française de cyclisme, créé en 2017 et valable deux ans. Il compte trois niveaux : « Baby-vélo » de 2 à 5 ans, « École de vélo » de 5 à 14 ans et « Club compétition » de 12 à 18 ans (FFC).
Chaque mois de septembre, les journées « Génération Cyclistes » servent de portes ouvertes. Le programme type proposé par la FFC prévoit le matin une présentation du club, l’après-midi une initiation avec prêt de draisienne pour les plus petits, puis des jeux d’adresse et une découverte de la piste ou du BMX Race (FFC). Ces journées ont été ouvertes à tous les clubs FFC en 2024.
Le BMX partage avec le cyclisme sur piste et ses vélodromes un même site, Saint-Quentin-en-Yvelines, et une même logique de club. Pour une pratique sans classement, la route offre d’autres formats, que nous comparons dans cyclosportive, randonnée ou gravel.
Sources
- UCI, About BMX Racing, consulté le 29 octobre 2026.
- UCI, What is BMX Freestyle - Park?, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Piste BMX, guide de construction (non daté, fichier de février 2017), consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, présentation des épreuves et disciplines, consulté le 29 octobre 2026.
- UCI, 2022 UCI BMX Racing World Championships: Nantes hosting the fight for the rainbow jerseys, consulté le 29 octobre 2026.
- Équipe de France (CNOSF), résultats : les médailles de BMX, Paris 2024, consulté le 29 octobre 2026.
- Équipe de France (CNOSF), résultats : les médailles des athlètes français, Tokyo 2020, consulté le 29 octobre 2026.
- Olympics.com, Paris 2024 cycling: France makes clean sweep of men's BMX racing medals, consulté le 29 octobre 2026.
- Olympics.com, Paris 2024 cycling: Jose Torres Gil of Argentina grabs thrilling gold in men's BMX freestyle, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Trois titres et six médailles : à Copenhague, la France règne sur les Mondiaux de BMX (août 2025), consulté le 29 octobre 2026.
- UCI, 2025 UCI Urban Cycling World Championships: close-fought final day in Riyadh, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, procès-verbal du bureau exécutif du 18 juin 2025, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, procès-verbal du bureau exécutif du 16 octobre 2025, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Écoles françaises de cyclisme (EFC), consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Promouvoir les activités d'un club lors des journées « Génération Cyclistes », consulté le 29 octobre 2026.
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