Le cyclisme sur piste en France : épreuves, vélodromes, palmarès et accueil des débutants
La piste se court sur un vélodrome, à pignon fixe et sans freins, en sprint ou en endurance. La France y a gagné un titre olympique dès 1896, compte plus d'une centaine de pistes souvent anciennes et n'a remporté qu'une médaille sur piste aux Jeux de Paris 2024, l'or de Benjamin Thomas en omnium.
Le cyclisme sur piste se court sur un vélodrome, un anneau aux virages relevés, avec un vélo à pignon fixe, sans vitesses ni freins. Ses épreuves se rangent en deux familles, la vitesse (le sprint) et l’endurance, selon la présentation de la Fédération française de cyclisme (FFC).
C’est une discipline de compétition, encadrée en France par la FFC, comme le BMX ou le cyclo-cross. Notre tour d’horizon des disciplines cyclistes la situe parmi les autres pratiques et précise quelle fédération s’occupe de quoi.
Ce dossier présente les épreuves, l’histoire des vélodromes français, le palmarès de la France et la façon dont les clubs font découvrir la piste. Il ne traite ni du matériel ni de l’entraînement.
Les épreuves : sprint et endurance
L’Union cycliste internationale (UCI) décerne chaque année 22 titres de champion du monde sur piste, 11 chez les hommes et 11 chez les femmes. Six épreuves sont au programme olympique : la vitesse, la vitesse par équipes, le keirin, la poursuite par équipes, l’omnium et l’américaine (UCI). La page de présentation de la FFC compte, elle, trois épreuves de sprint et quatre d’endurance aux Jeux : les deux sources divergent, et seule l’UCI donne la liste.
Les épreuves de sprint se jouent en quelques tours. La vitesse oppose deux coureurs sur trois tours d’une piste de 250 mètres, après une qualification sur un 200 mètres lancé ; le début de course est tactique, chacun cherchant à ne pas mener. La vitesse par équipes fait partir deux équipes de trois coureurs de part et d’autre de la piste, chaque coureur menant un tour avant de s’écarter (UCI).
Le keirin réunit six coureurs en finale derrière un derny, une petite moto, qui accélère de 30 à 50 km/h puis quitte la piste à trois tours de l’arrivée. Le kilomètre, quatre tours départ arrêté, se gagne en une minute environ (UCI).
Les épreuves d’endurance durent plus longtemps. La poursuite individuelle oppose deux coureurs partis de part et d’autre de la piste sur 4 km ; rattraper l’adversaire suffit pour gagner. La poursuite par équipes se court à quatre, sur 4 km, et le temps est pris sur le troisième coureur. Le scratch est une course en peloton de 10 km. La course aux points distribue 5, 3, 2 et 1 points tous les dix tours, 20 points pour un tour pris, sur 25 km chez les femmes et 40 km chez les hommes (UCI).
Deux épreuves combinent les autres. L’omnium enchaîne quatre courses : scratch, course tempo, élimination (le dernier est éliminé tous les deux tours) et course aux points. L’américaine se court par équipes de deux, sur 120 tours chez les femmes et 200 chez les hommes ; l’équipier qui entre en course est lancé à la main par celui qui se repose (UCI).
Des vélodromes de la Belle Époque aux pistes couvertes
La piste est la plus ancienne forme de course organisée. La première instance internationale, l’International Cycling Association, est créée en 1892, et l’UCI la remplace en 1900 (UCI). Aux premiers Jeux modernes, à Athènes en 1896, cinq titres sont décernés sur piste ; le Français Paul Masson gagne le contre-la-montre d’un tiers de kilomètre en 24 secondes (UCI).
Où fut construit le premier vélodrome français ? La FFC donne deux réponses sur la même page : « Le 1er fut construit à Bordeaux », sans date, puis « Le 1er vélodrome couvert a été construit à Paris en 1867 » (FFC). Nous n’avons pas trouvé de source officielle qui tranche.
Paris a eu ses salles célèbres. Le Vélodrome d’Hiver, à l’angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton, a été inauguré le 30 octobre 1910 et démoli en 1959 ; le musée Carnavalet conserve une toile d’Alexandre Ganesco, peinte vers 1930, qui montre les « Six Jours » courus sous son toit (Paris Musées).
Au bois de Vincennes, la Cipale, piste de 500 mètres dont les charpentes des tribunes datent de 1909, a reçu les arrivées du Tour de France de 1968 à 1974, pendant la reconstruction du Parc des Princes. Eddy Merckx y a fêté ses cinq victoires, de 1969 à 1972 puis en 1974. La Ville de Paris a annoncé la rénovation des tribunes grâce à un mécénat de 1,2 million d’euros (Ville de Paris, page mise à jour le 26 novembre 2024). Ces arrivées appartiennent aux grandes dates du vélo en France.
Les vélodromes d’avant la Seconde Guerre mondiale entouraient souvent un terrain de football et mesuraient plus de 400 mètres. Beaucoup ont été recouverts par des tribunes, détruits ou reconvertis, et l’immense majorité des pistes restantes est en plein air (FFC, guide de conception).
Le vélodrome de Bordeaux-Lac, construit en 1989, a longtemps fait exception : 4 500 places assises, une piste de 250 mètres, les championnats du monde de 2006 et plusieurs records de l’heure. Avant 2012, la France ne comptait que trois vélodromes couverts, à l’INSEP, à Bordeaux et à Grenoble, et une piste semi-couverte à Hyères (FFC, état des lieux 2014).
La fédération a ensuite poussé la construction de pistes couvertes : Roubaix, inauguré en septembre 2012, Bourges et Saint-Quentin-en-Yvelines, livrés fin 2013, puis une bulle gonflable posée en 2019 sur la piste de Bonnac-la-Côte, près de Limoges (FFC, guide de conception).
Saint-Quentin-en-Yvelines, le vélodrome national
Le Vélodrome national a été décidé en 2009, malgré l’échec de la candidature de Paris aux Jeux de 2012, et inauguré en 2014 à Montigny-le-Bretonneux. Sa piste fait 250 mètres et 8 mètres de large, une largeur inhabituelle ; elle a été dessinée par Ralph Schürmann, architecte du vélodrome des Jeux de Pékin (musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines). La FFC, qui le présente comme son Centre national du cyclisme, en annonçait la livraison « fin 2013 » (FFC, état des lieux 2014).
Il a reçu les championnats du monde 2022, où Mathilde Gros a gagné la vitesse et Marie-Divine Kouamé le 500 mètres (UCI), puis les épreuves sur piste des Jeux de Paris 2024 (olympics.com).
Le BMX racing des mêmes Jeux s’est couru sur le stade BMX de Saint-Quentin-en-Yvelines (olympics.com) ; nous racontons ce triplé français dans notre dossier sur le BMX, racing et freestyle.
Combien de vélodromes, combien de pistards ?
Le dernier recensement détaillé publié par la FFC date de juillet 2014. Il compte 125 équipements dédiés à la piste, 117 en métropole et 8 outre-mer, dont 85 vélodromes et 41 anneaux d’entraînement ou d’initiation ; l’addition donne 126, et le document n’explique pas cet écart. Il relevait aussi 117 vélodromes en 1992 et 126 équipements en 2013, pour une longueur moyenne de 365 mètres (FFC, état des lieux 2014).
Le guide fédéral de conception, postérieur à 2019, parle seulement de plus d’une centaine de vélodromes en activité, un nombre qui « demeure stable » (FFC). Le nombre exact de vélodromes en service en 2026 est inconnu : la FFC n’en publie pas de décompte à jour.
Le nombre de pistards l’est aussi. La FFC comptait 109 964 licenciés au 30 septembre 2025, toutes disciplines confondues, mais ne publie pas l’effectif de la piste. Son bureau exécutif du 16 octobre 2025 note une hausse de 2,70 % sur la saison et ajoute que « le déficit de l’activité et de l’engouement des éducateurs demeure un sujet prégnant » (FFC). Un mois plus tôt, il écrivait que la discipline « peine à progresser du fait d’une offre limitée » (FFC).
Le palmarès français, de 1896 à Paris 2024
Après Paul Masson, la France a eu ses grands sprinteurs. Daniel Morelon a été champion olympique de vitesse en 1968 et en 1972, et du tandem en 1968 avec Pierre Trentin, selon l’encyclopédie Larousse. À Sydney, en 2000, Florian Rousseau et Félicia Ballanger ont tous deux été sacrés champions olympiques (franceinfo).
Aux Jeux de Tokyo, courus en 2021, la France a pris deux médailles de bronze sur piste : la vitesse par équipes avec Rayan Helal, Florian Grengbo et Sébastien Vigier, et l’américaine avec Benjamin Thomas et Donavan Grondin (CNOSF).
À Paris, le 8 août 2024, Benjamin Thomas a gagné l’omnium au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, devant le Portugais Iuri Leitão et le Belge Fabio Van den Bossche (olympics.com). C’est la seule médaille française sur piste de ces Jeux, d’après le tableau des médailles du CNOSF, et le premier titre olympique français en omnium (équipe de France). Franceinfo note qu’aucun Français n’avait gagné l’or sur piste depuis Sydney (franceinfo).
Aux championnats du monde de Shanghai, en octobre 2026, Marion Borras et Clara Copponi ont pris l’argent de l’américaine (équipe de France). Le bilan complet de la délégation n’avait pas été publié par la FFC à la date de notre consultation.
Comment les clubs accueillent les débutants
La piste se découvre en club. Dans son guide d’animation d’un vélodrome (2020), la FFC décrit l’école de vélo sur piste comme « ouverte à tous les enfants, dès l’âge de 10 ans, pour autant qu’ils aient la taille nécessaire pour monter sur un vélo de piste ».
Les premières séances suivent un ordre fixe : s’habituer au pignon fixe, démarrer, s’arrêter, rouler sur le bas de la piste. Ce n’est qu’ensuite que l’on apprend les positions de sécurité et que l’on monte dans les virages relevés. La fédération demande un encadrant diplômé pour 12 pratiquants au plus, puis un de plus par tranche de 12 (FFC).
Pour le public qui n’est pas licencié, le même guide recommande des baptêmes de piste avec remise de diplômes et passages de grades, des rencontres de « fixies » et des soirées à thème. Il constate aussi que l’usage des pistes reste « trop lié à la compétition et à l’entraînement des licenciés », et que les scolaires y sont « encore trop peu présents » (FFC).
Les clubs qui forment les jeunes peuvent obtenir le label École française de cyclisme, créé en 2017 et valable deux ans. Il se décline en « Baby-vélo » (2 à 5 ans), « École de vélo » (5 à 14 ans) et « Club compétition » (12 à 18 ans) (FFC). La page du label ne donne pas le nombre de clubs labellisés qui disposent d’une piste.
La piste reste donc une affaire de compétition et de clubs. Ceux qui cherchent une pratique sans classement se tournent plutôt vers la route ; nous détaillons ces formats de cyclosportive, randonnée et gravel dans un autre dossier.
Sources
- FFC, présentation du cyclisme sur piste, consulté le 29 octobre 2026.
- UCI, What is track cycling?, consulté le 29 octobre 2026.
- UCI, 2026 Tissot UCI Track Cycling World Championships: the events on the programme explained, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Animation d'un vélodrome (guide, 2020), consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Conception d'un vélodrome (guide destiné aux maîtres d'ouvrage), consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, État des lieux des équipements cyclistes (juillet 2014), consulté le 29 octobre 2026.
- Paris Musées, musée Carnavalet, Les « Six Jours » au Vel' d'Hiv' (Alexandre Ganesco, vers 1930), consulté le 29 octobre 2026.
- Ville de Paris, Le mythique vélodrome de la Cipale bientôt rénové, consulté le 29 octobre 2026.
- Musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines, Le Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, consulté le 29 octobre 2026.
- UCI, 2022 Tissot UCI Track World Championships: another gold for French hosts, consulté le 29 octobre 2026.
- Olympics.com, Paris 2024 track cycling: all results, as France's Benjamin Thomas pedals to gold medal in men's omnium, consulté le 29 octobre 2026.
- Olympics.com, Paris 2024 cycling: France makes clean sweep of men's BMX racing medals, consulté le 29 octobre 2026.
- Équipe de France (CNOSF), résultats : les médailles des athlètes français, Paris 2024, consulté le 29 octobre 2026.
- Équipe de France (CNOSF), résultats : les médailles de cyclisme sur piste, Tokyo 2020, consulté le 29 octobre 2026.
- Équipe de France (CNOSF), Jeux olympiques d'été 2024, Benjamin Thomas : un cycliste en or (8 août 2024), consulté le 29 octobre 2026.
- Équipe de France (CNOSF), Championnats du monde 2026, Marion Borras et Clara Copponi en argent sur l'Américaine, consulté le 29 octobre 2026.
- Franceinfo, Benjamin Thomas sacré champion olympique de l'omnium (8 août 2024), consulté le 29 octobre 2026.
- Larousse, encyclopédie, Daniel Morelon, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, procès-verbal du bureau exécutif du 11 septembre 2025, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, procès-verbal du bureau exécutif du 16 octobre 2025, consulté le 29 octobre 2026.
- FFC, Écoles françaises de cyclisme (EFC), consulté le 29 octobre 2026.
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