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Le marché du vélo en France : ventes, vélo électrique, fabrication et réparation depuis 2019

En 2025, 1 836 710 vélos neufs ont été vendus en France, 30 % de moins qu'en 2019, mais pour un montant supérieur de 23 %. Le vélo électrique pèse plus de la moitié de la valeur. La réparation progresse, la production française aussi, et le premier semestre 2026 marque un léger rebond.

Dossier Par La rédaction Publié le 8 min de lecture 8 sources

Les Français achètent moins de vélos neufs, mais plus chers qu’avant la crise sanitaire. En 2025, il s’en est vendu 1 836 710 aux particuliers, pour 1,86 milliard d’euros, selon l’Observatoire du cycle 2025 de l’Union Sport & Cycle (UESC). Le volume baisse pour la quatrième année consécutive.

L’Observatoire est la référence du secteur. L’UESC, organisation professionnelle du cycle, y agrège les données de ses adhérents, qui représentent selon elle 70 % des vélos vendus et 98 % des vélos produits en France (dossier de presse 2025). Sa 27e édition a été présentée le 24 avril 2026 au salon Vélo In Paris (UESC).

Ce dossier détaille le marché ; les autres indicateurs (pratique, aménagements, budgets publics) sont rassemblés dans notre panorama du vélo en France en chiffres.

2025 : 3,1 milliards d’euros, dont 1,86 pour les vélos

Le chiffre le plus cité, 3,11 milliards d’euros, couvre plus que les vélos. Il additionne quatre postes, d’après le dossier de presse de l’UESC :

  • vélos neufs vendus aux particuliers : 1 861 millions d’euros (-8,4 %) ;
  • pièces et accessoires : 1 119 millions (+0,3 %) ;
  • réparation, main-d’œuvre seule : 128 millions (+10,5 %) ;
  • total : 3 109 millions, en recul de 4,8 % sur un an (UESC).

Le prix moyen d’un vélo neuf s’établit à 1 014 euros, en baisse de 2,4 %. Il est de 638 euros pour un vélo classique (+4 %) et de 1 999 euros pour un vélo à assistance électrique (-1 %), selon la même source.

Les canaux de vente ne pèsent pas le même poids selon qu’on compte en unités ou en euros. Les enseignes multisports écoulent 64 % des vélos mais réalisent 34 % du chiffre d’affaires ; les détaillants spécialisés, 23 % des volumes et 52 % de la valeur. Internet représente 7 % des volumes et 12 % de la valeur (UESC).

Le vélo électrique, plus de la moitié de la valeur

En 2025, le vélo à assistance électrique (VAE) représente 28 % des vélos vendus et 54 % de la valeur des ventes. Il s’en est vendu 507 000, 16 % de moins qu’en 2024, mais 29 % de plus qu’en 2019 (Observatoire du cycle 2025). Les chiffres 2024 ont été réévalués par l’UESC dans cette édition.

L’organisation signale aussi un problème de conformité : 8 % des VAE vendus en 2025 ne respectent pas les normes, et 94 % de ces engins non conformes sont des fat-bikes (UESC).

Côté vélos classiques, quelques segments progressent dans un marché en baisse. Le gravel atteint 75 000 ventes en 2025, contre 3 700 en 2019, et les vélos pour enfants remontent de 2 % après douze années de baisse, d’après la synthèse de l’UESC.

2019-2025 : le boom, puis le repli

La crise sanitaire a gonflé les ventes en 2020 et 2021. Le volume culmine en 2021, la valeur en 2022. Depuis, les deux reculent, mais la valeur reste au-dessus de 2019 : rapporté au nombre de vélos, le chiffre d’affaires passe d’environ 570 euros par vélo en 2019 à 1 014 euros en 2025, et la part du VAE a augmenté. Les séries ci-dessous viennent du dossier de presse 2025 de l’UESC (vélos neufs, ventes aux particuliers).

AnnéeVélos vendusVentes en valeurDont VAE (unités)
20192 640 2611 510 M€394 000
20202 684 8001 924 M€515 000
20212 789 5462 215 M€659 000
20222 596 1992 379 M€738 000
20232 230 9672 182 M€672 000
20241 957 6252 003 M€594 000
20251 836 7101 861 M€507 000

Sur la période, le volume perd 30 % et la valeur gagne 23 %. L’UESC lie le repli de 2025 à une conjoncture morose (confiance des ménages basse, épargne élevée) et à la fin des aides nationales à l’achat, arrêtées le 14 février 2025. Elle cite aussi l’arrêt des aides CEE pour les vélos cargo professionnels et un frein au développement des aménagements cyclables (dossier de presse). Le détail des mesures publiques figure dans notre dossier sur la politique du vélo en France.

Le recul des achats ne signifie pas un recul de la pratique. L’UESC compte 9 millions de pratiquants sportifs ou de loisir, dont 42 % de femmes, et relève une hausse de 5 % des passages aux compteurs en 2025, d’après les données de Réseau vélo et marche (UESC). Notre dossier sur la fréquentation des véloroutes et des compteurs détaille ces comptages.

2026 : un rebond mesuré par un panel

Au premier semestre 2026, le panel de l’UESC enregistre une hausse des ventes de vélos d’environ 3 % en volume, « tirée par les VAE » (UESC, 31 août 2026). Le détail chiffré est réservé aux adhérents.

Transition Vélo en a publié une partie le 5 septembre 2026 : +3 % en volume et +6 % en valeur sur le semestre, et au deuxième trimestre +12 % en volume pour les VAE. Les écarts sont forts entre catégories : +47 % pour les VTC électriques, -43 % pour les vélos de ville électriques sur le trimestre.

Ce panel n’est pas l’Observatoire. Il repose sur quatre enseignes multisports et quatre enseignes spécialisées, soit environ 65 % du marché en volume mais 40 % en valeur, d’après Transition Vélo. Il donne une tendance ; le bilan de l’année 2026 ne sera connu qu’avec l’Observatoire du printemps 2027.

Fabrication en France

La production française progresse alors que les ventes baissent. Elle atteint 512 190 vélos en 2025, en hausse de 3,4 % : 58 % de vélos classiques, 40 % de VAE et 2 % de vélos cargo (Observatoire du cycle 2025).

Selon le dossier de presse de l’Observatoire, 44 % des VAE vendus en France y sont produits, contre 22 % des vélos classiques et 29 % des vélos cargo. L’UESC parle de production ; le dossier ne distingue pas la fabrication des cadres de l’assemblage de pièces importées.

Les importations s’élèvent à 1 580 608 vélos (+4 %), dont 80 % viennent de pays européens. La Chine n’en fournirait que 80 000, soit 3,5 % ; l’UESC estime ce chiffre sous-évalué, une partie des vélos chinois transitant par d’autres pays de l’Union pour éviter les droits antidumping (UESC).

L’État soutient la relocalisation par l’appel à projets « Industrie du vélo » de France 2030 : 38 lauréats ont reçu 31 millions d’euros d’aides, avec un objectif de 520 000 cadres et 315 000 moteurs produits chaque année en France à l’horizon 2030, rapporte la Banque des Territoires à partir de l’étude de l’ADEME.

L’emploi : 64 000 ou 72 000 équivalents temps plein

Deux chiffres circulent, et ils ne mesurent pas la même chose. L’enquête emploi de France Vélo, organisation de la filière, compte plus de 64 030 équivalents temps plein en 2024. La précédente enquête en recensait 47 000 en 2022 ; France Vélo précise que l’écart n’est « pas une croissance nette » mais vient d’un périmètre élargi, notamment à l’aménagement cyclable, aux services et au tourisme.

L’étude publiée par l’ADEME en avril 2026, réalisée par 6t et Explain, reprend ces 64 000 ETP selon Explain. SPORTéco y relève un total de 72 036 ETP, qui intègre davantage d’emplois de transport à vélo. Le rapport complet n’a pas pu être consulté pour ce dossier : l’écart entre les deux totaux est donc rapporté tel quel.

Dans le détail, la même étude attribue à la réparation plus de 7 000 ETP et à la cyclologistique plus de 20 000 ETP pour les seules plateformes de livraison (Explain). La fabrication ne représente donc qu’une partie de l’emploi de la filière.

Réparation et occasion

La réparation est le poste qui progresse le plus. La main-d’œuvre facturée atteint 128 millions d’euros en 2025, 2,5 fois plus qu’en 2019, et le nombre de réparations 6,3 millions, soit 3,5 fois le nombre de vélos neufs vendus (dossier de presse UESC).

Les deux documents de l’UESC ne concordent pas tout à fait. Le dossier de presse indique +44 % de réparations depuis 2019, la synthèse en ligne +53 %. La synthèse chiffre aussi la hausse de la main-d’œuvre à 15 millions d’euros sur un an, un écart qui ne correspond pas exactement aux +10,5 % annoncés.

L’occasion progresse de 14 % sur un an chez les reconditionneurs et les revendeurs professionnels (UESC). Les ventes entre particuliers, sur les plateformes de petites annonces, ne sont pas comptées.

Ce que ces chiffres ne disent pas

L’Observatoire mesure les ventes aux particuliers des entreprises qui déclarent leurs chiffres. Il ne couvre ni l’occasion entre particuliers, ni la totalité de la location longue durée, ni le vélo de fonction, que l’UESC estime à 55 000 vélos en France contre 2,2 millions en Allemagne (UESC).

Les chiffres d’une année peuvent aussi être révisés l’année suivante, comme ceux du VAE en 2024. Pour suivre le marché, la date de l’édition compte autant que le chiffre.