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Henri Desgrange, recordman, patron de presse et créateur du Tour de France

Avant d'organiser le Tour de France, Henri Desgrange a été coureur sur piste, auteur d'un manuel d'entraînement et directeur de vélodromes. Patron du quotidien L'Auto, il lance la course en 1903 pour battre un journal concurrent, puis la dirige plus de trente ans, en changeant souvent ses règles.

Portrait Par La rédaction Publié le 3 min de lecture 5 sources

Naissance
31 janvier 1865, Paris
Décès
16 août 1940, Beauvallon
Connu pour
Créateur du Tour de France en 1903 et son directeur jusqu'en 1936
Un homme aux cheveux gris, en costume rayé, gilet et cravate à pois, assis à un bureau couvert de journaux dépliés, regarde vers la droite.
Henri Desgrange, ancien coureur cycliste et journaliste sportif, à son bureau de rédacteur en chef de L'Auto, en 1914. Photo Agence Rol (BnF), Domaine public, Wikimedia Commons.

Henri Desgrange a créé le Tour de France en 1903 et l’a dirigé jusqu’en 1936. Né à Paris en 1865, mort à Beauvallon en 1940, il fut d’abord coureur, puis journaliste et patron du quotidien L’Auto, l’ancêtre de L’Équipe, résume l’encyclopédie Larousse. Ce portrait fait partie de nos portraits de figures du vélo.

Un coureur sur piste

Desgrange naît le 31 janvier 1865 dans le 10e arrondissement de Paris. Licencié en droit, il travaille comme clerc de notaire avant de se consacrer au sport. Il découvre le cyclisme lors du premier Bordeaux-Paris, le 24 mai 1891, d’après Wikipédia, qui s’appuie sur son acte de naissance et sur ses biographes.

Le 11 mai 1893, au vélodrome Buffalo, il parcourt 35,325 km en une heure, sans entraîneur. C’est le premier record de l’heure homologué dans cette catégorie, selon la même source ; Larousse retient aussi ce chiffre. Jules Dubois le bat dès le 31 janvier 1894, avec 38,220 km. Desgrange publie la même année « La Tête et les Jambes », un traité d’entraînement, et arrête la compétition après 1895 (Wikipédia).

Directeur de vélodromes, puis de journal

Il passe ensuite de l’autre côté de la barrière. En 1897, il devient administrateur du Parc des Princes avec Victor Goddet. En 1900, il prend la direction de L’Auto-Vélo, lancé par le comte de Dion et l’industriel Adolphe Clément pour concurrencer Le Vélo de Pierre Giffard (Wikipédia). La rivalité dépasse le sport : Giffard est dreyfusard, Desgrange antidreyfusard et soutenu par les fabricants de cycles, rappelle Larousse.

Le Tour, une idée de son journaliste

L’idée du Tour ne vient pas de lui. Elle vient de Géo Lefèvre, journaliste de L’Auto, qui lui propose une course par étapes à travers le pays ; le projet est adopté en novembre 1902, selon le guide historique d’ASO. En 1903, Desgrange est directeur général de l’épreuve et Lefèvre la suit sur le terrain comme directeur de course. Desgrange en prend lui-même la direction à partir de 1905 (Wikipédia).

Le pari commercial réussit. Pour le départ, le 1er juillet 1903, la une de L’Auto est entièrement consacrée à la course, avec un éditorial de Desgrange, et le journal vend 65 000 exemplaires par jour en juillet, d’après la BnF. Après les fraudes et les violences de 1904, il écrit pourtant que cette deuxième édition « aura été la dernière » (Larousse).

Les étapes de la course qu’il a lancée sont racontées dans notre page sur les grandes époques du Tour.

Une « formule » sans cesse modifiée

Desgrange appelle son règlement sa « formule », et il le change souvent. Le règlement interdit l’entraide entre coureurs, mais les équipes de marques la pratiquent. En 1929, le Belge Maurice De Waele, malade, gagne grâce à ses équipiers d’Alcyon ; Desgrange écrit qu’« on fait gagner un cadavre » (Wikipédia). En 1930, il remplace les équipes de marques par des équipes nationales, avec des vélos anonymes peints en jaune fournis par l’organisation (ASO).

Son journal se veut politiquement neutre. Desgrange l’impose à ses collaborateurs, mais y déroge lui-même le 3 août 1914 avec un éditorial violemment antiallemand, relève Wikipédia. La même source le crédite de la création des Audax français, annoncée le 7 janvier 1904 avec Géo Lefèvre et Charles Stourm : des sorties en groupe, à allure réglée, sur de longues distances.

Le retrait et l’héritage

Opéré au printemps 1936, il prend le départ du Tour contre l’avis de ses proches, selon Wikipédia, puis abandonne la course à Charleville. Jacques Goddet, rédacteur en chef de L’Auto, le remplace à la direction de l’épreuve (ASO). Desgrange meurt le 16 août 1940 à Beauvallon, selon le guide d’ASO.

Un monument à sa mémoire est élevé par souscription près du col du Galibier en 1949. Le souvenir Henri-Desgrange récompense chaque année le premier coureur au sommet du Galibier, ou du plus haut col du Tour quand le Galibier n’est pas au programme (Wikipédia). L’Auto, lui, ne survit pas à la guerre : la BnF indique qu’il est interdit à la Libération pour sa proximité avec l’occupant.

Sources

  1. Encyclopédie Larousse, Henri Desgrange, consulté le 29 octobre 2026.
  2. Wikipédia, Henri Desgrange, consulté le 29 octobre 2026.
  3. ASO, Tour de France 2026, guide historique, consulté le 29 octobre 2026.
  4. BnF Essentiels, une du journal L'Auto pour le départ du premier Tour de France, 1er juillet 1903, consulté le 29 octobre 2026.
  5. Encyclopédie Larousse, Tour de France, consulté le 29 octobre 2026.

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