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Paul de Vivie, dit Vélocio, le pionnier stéphanois du cyclotourisme

Employé d'une maison de soieries envoyé à Saint-Étienne, Paul de Vivie a fait de sa revue, Le Cycliste, le lieu de rencontre des cyclistes qui voyageaient sans chercher à gagner. Sous le nom de Vélocio, il y a défendu le changement de vitesse et des règles de conduite que la Fédération française de cyclotourisme cite encore.

Portrait Par La rédaction Publié le 3 min de lecture 4 sources

Naissance
29 avril 1853, Pernes-les-Fontaines (Vaucluse)
Décès
1930, Saint-Étienne
Connu pour
Pionnier du cyclotourisme et promoteur du changement de vitesse
Un vieil homme chauve à moustache blanche et lunettes rondes, en chemise blanche, culotte sombre et sandales, est assis sur une bicyclette à sacoche de guidon ; un homme en costume le retient, d'autres l'entourent et l'un d'eux lève un pistolet.
Paul de Vivie, dit Vélocio, au critérium des Vieilles Gloires, à l'hippodrome de Longchamp (Paris), le 21 juillet 1929. Photo Agence Rol (BnF), Domaine public, Wikimedia Commons.

Paul de Vivie, dit Vélocio, est la figure fondatrice du cyclotourisme français. La Fédération française de cyclotourisme le présente comme « l’apôtre du cyclotourisme » et lui attribue le mot, créé en 1888. Né en Provence en 1853, il a vécu à Saint-Étienne, où il est mort en 1930 après avoir été renversé par un tramway. Ce portrait complète notre série de portraits du vélo français.

De la soie au vélocipède

Paul de Vivie naît le 29 avril 1853 au relais de poste de Pernes, dans le Vaucluse, selon un dossier publié par le comité FFVélo de l’Hérault d’après les Archives municipales de Saint-Étienne. À dix-huit ans, en 1871, il entre dans une maison de soierie lyonnaise, qui l’envoie à Saint-Étienne dès 1875. Il s’y installe.

Il apprend à rouler en 1881, sur un vélocipède. La même année, il fonde avec d’autres passionnés le Club des cyclistes stéphanois, dont il devient le secrétaire. En 1886, il crée l’Agence générale vélocipédique, qui vend des machines souvent anglaises, puis une revue l’année suivante : Le Cycliste forézien, devenu Le Cycliste (FFVélo Hérault).

Le Cycliste et le mot « cyclotourisme »

Vélocio est le pseudonyme qu’il prend pour écrire dans sa revue. Il y teste et commente les machines, les freins, les pneumatiques. En 1892, il participe à la fondation de la Nouvelle Manufacture stéphanoise, connue pour la marque La Gauloise, selon le dossier stéphanois repris par la FFVélo. La revue lui survit longtemps : elle paraît jusqu’en 1973.

Les sources ne datent pas le mot de la même façon. La FFVélo fait remonter « cyclotourisme » à 1888. Le dossier du comité de l’Hérault note que « cyclotouriste » apparaît pour la première fois dans Le Cycliste en octobre 1889 et ne s’impose qu’en 1895. Le même dossier fait de lui « un peu le père » du Touring Club de France, né en 1890 avec Le Cycliste pour premier organe de presse.

La « polymultipliée »

Vélocio défend le changement de vitesse, qu’on appelle alors la « polymultipliée », et le dossier de la FFVélo Hérault le décrit comme son « ardent promoteur ». Certaines pages en font l’inventeur du dérailleur ; les sources consultées parlent plutôt de recherches et d’essais. Ses prototypes, que ses amis surnommaient « le tas de ferraille », sont conservés au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, selon Wikipédia.

La course mettra des décennies à suivre. Le dérailleur ne se généralise sur le Tour de France qu’en 1937, d’après le guide historique d’ASO, comme le montre notre récit de la course créée par L’Auto.

Les sept préceptes

Vélocio a fixé des règles pour rouler longtemps. La FFVélo les cite encore, dont « manger avant d’avoir faim, boire avant d’avoir soif » et « ne jamais pédaler par amour-propre ». Il y défend aussi des repas légers, des haltes courtes et rares, et l’abandon du vin, de la viande et du tabac pendant la sortie. Il défendait aussi le végétarisme. La fédération rapporte qu’il roulait des étapes de 40 heures.

Rassemblements et hommages

À partir de 1924, il donne rendez-vous aux lecteurs du Cycliste aux Baux-de-Provence, à Pâques. La FFVélo, créée le 8 décembre 1923 sous le nom de Fédération française des sociétés de cyclotourisme, organise depuis sa mort ce rassemblement de « Pâques en Provence » (FFVélo).

Le 27 février 1930, il est renversé par un tramway devant la maison où il a vécu cinquante ans, à Saint-Étienne. Ses obsèques ont lieu le 6 mars 1930 et il est inhumé à Lyon, au cimetière de Loyasse (FFVélo Hérault). La FFVélo situe sa mort en mars 1930 ; Wikipédia la date du 4 mars.

De son vivant déjà, ses amis lui rendent hommage : la première journée Vélocio, une montée du col des Grands Bois, ou col de la République, a lieu le 11 juin 1922. Un monument y est inauguré le 22 mars 1931, en présence de sa veuve et de son fils, selon le dossier du comité de l’Hérault.

Sources

  1. FFVélo Hérault, « Un maître vénéré », Paul de Vivie dit Vélocio (d'après Forez Info et les Archives municipales de Saint-Étienne), consulté le 29 octobre 2026.
  2. FFVélo, notre histoire, histoire du cyclotourisme, consulté le 29 octobre 2026.
  3. Wikipédia, Vélocio, consulté le 29 octobre 2026.
  4. ASO, Tour de France 2026, guide historique, consulté le 29 octobre 2026.

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